Contrairement aux trous d’envol des insectes xylophages, la mérule signe sa présence par des indices visuels, olfactifs et tactiles. Un mycélium blanc cotonneux apparaît en voiles sur les bois ou les murs. Des rhizomorphes gris-marron, ressemblant à des racines, serpentent derrière les plinthes. Des sporophores ocre rougeâtre, aplatis et charnus, fructifient parfois à découvert, libérant un épais nuage de spores rouille.
Surtout, une odeur caractéristique de champignon humide imprègne durablement les pièces atteintes. Le bois affecté devient cassant, se fend en cubes bruns, perd toute portance — et ce, souvent bien avant l’apparition de signes visibles en surface.
À Cannes, dans les résidences anciennes de bord de mer, ou dans les sous-sols voûtés de maisons de village à Biot et Mougins, nos charpentiers rencontrent fréquemment des foyers masqués derrière des plaques de plâtre ou des lambris décoratifs.